Ukraine: Vague d’indignations après la condamnation de Timochenko

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“Le cas Timochenko”, source de tensions pour l’Ukraine

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Fer de lance de la révolution orange, Ioulia Timochenko fut chef de deux gouvernements en Ukraine entre 2005 et 2010. Un premier mandat qui fut soldé par sa destitution, le second par une motion de censure, le tout dans des contextes de crises politiques à rebondissements.
Les “affaires” finiront par la rattraper. Assignée à résidence dans le cadre d’une “enquête d’abus de pouvoir aggravé” depuis décembre 2010, l’opposante pro-occidentale risque sept ans de prison, peine réclamée ce mardi par le parquet ukrainien.

Le mouvement protestataire initié à la suite de l’élection, jugée frauduleuse par l’OCDE, de Viktor Ianoukovytch est accusée de russophobie dans un pays très divisé entre l’est pro-russe et l’ouest davantage considéré comme pro-européen. Paradoxalement, Timochenko, leader de cette opposition orange, fut accusée d’avoir passé des accords gaziers avec Moscou, accords jugés bien défavorables pour l’Ukraine. Autrefois femme d’affaire dans le secteur énergétique, elle aurait, selon le parquet général, agi dans “ses propres intérêts”.
Autre paradoxe, elle était à l’initiative de trois projets de loi anti-corruption approuvés par les experts du Conseil de l’Europe et de l’OCDE, des projets qui ont été balayés par Ianoukovytch dés son accession au pouvoir.

Une législation soviétique

Les réactions furent nombreuses lors de son assignation à résidence, allant jusqu’à demander la libération immédiate de l’opposante. Les États-Unis notamment, avaient dénoncé un procès aux « apparences de persécutions avec des motivations politiques ». L’Union Européenne a, elle,  tout bonnement qualifié de “soviétique” la législation sur laquelle se basaient les accusations, et craint un règlement de compte politique qui permettrait à Viktor Ianoukovytch d’écarter sa principale opposante. Bruxelles a donc haussé le ton envers Kiev depuis la mi-septembre. L’accord d’association et de libre-échange dont l’Ukraine espère obtenir la signature en décembre s’est vu rajouter une condition: rien n’est envisageable tant que « le cas de Mme Timochenko » n’est pas réglé, selon l’expression du Ministre des Affaires Étrangères français, Alain Juppé.

Ioulia Timochenko

Ioulia Timochenko - Photo AFP

Boycott de l’Euro 2012

A l’approche de la Coupe d’Europe des Nations de football en Pologne et en Ukraine, un collectif mené par l’écrivain et philosophe Daniel Salvatore Schiffer réclame sa libération au plus vite, menaçant d’un appel à boycotter la manifestation sportive. Étant donné l’importance d’un tel évènement en terme de retombées médiatico-économiques pour un pays comme l’Ukraine, les signataires de cet appel, parmi lesquels Luc Ferry notamment, conseillent aux politiques ukrainiens de mettre en avant cette menace afin d’obtenir, au plus tôt,

la libération de Ioulia Timochenko.

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